Maman a tort (clip et texte)

Maman a tort (clip et texte)
Texte :"Un Maman a tort [La mère accompagne sa jeune fille malade à l'hôpital. Comme tous les enfants, ils veulent avoir raison, donc leurs parents ont forcément tort. Ici la jeune fille se rebelle contre sa mère qui ne voit pas d'un bon oeil l'amour assez spécial que porte sa fille pour son infirmière. Les enfants soignés longtemps à l'hôpital considérent souvent que le docteur qui les soigne (ou l'infimière) est leur père. Ici, la mère peut être jalouse du fait que sa fille considère l'infirmière comme sa mère...]
Deux C'est beau l'amour [La fille découvre les joies de l'amour autre que strictement maternel et trouve ce nouveau sentiment forcément beau]
Trois L'infirmière pleure [Les infirmières craquent de temps en temps devant l'incapacité de la médecine de soigner tout le monde ou d'avoir perdu un patient avec lequel on devient proche. La jeune fille découvre donc cette infirmière dans cet état et trouve la beauté à travers les larmes]
Quatre Je l'aime [Certitude infantile d'aimer dès le premier regard]
Cinq Il est d'mon droit [Les enfants s'occultent souvent tous les droits, surtout de toucher à tout...]
Six De tout toucher [On peut y voir deux interprétations. Dans le cadre d'une relation platonique infirmière-patiente, la jeune fille a tendance à toucher aux ustensiles médicaux comme tous les enfants. S'il s'agit d'un amour plus inavouable, comme l'indique le refrain, alors c'est la découverte d'un nouveau corps...]
Sept J'm'arrête pas là [On n'ose imaginer où s'arrête les gestes, le regard de cette jeune fille pour son infirmière. Le clip prévu à la base était bien plus explicite...]
Huit J'm'amuse [La jeune fille ne voit rien de mal à sa curiosité amoureuse et donc s'en amuse...]
Un Quoiqu'maman m'dise [La mère ramenant sa fille à la maison essaye de la calmer en disant que tout va bien et que l'infirmière ne l'oubliera pas]
Deux Elle m'oubliera [Lucidité tout de même de la jeune fille]
Trois Les yeux mouillés [Premières souffrances amoureuses et premières larmes de déception de voir un amour non partagé]
Quatre J'ai mal [Elle n'a pas fini de souffrir aux vues des textes de toutes les chansons de Mylène!]
Cinq Je dis c'que j'veux [Encore une fois les enfants qui veulent avoir tous les droits, petits dictateurs en puissance]
Six J'suis malheureuse [La raison de cette volonté de dire ce que l'on veut: le malheur qui donne tous les droits aux gens qui souffrent...]
Sept J'pense pas souvent [Elle agit plus vite que de raison]
Huit Et vous? [Le "et vous" renvoie comme à un témoignage: nous sommes les témoins de sa mésaventure amoureuse]
J'aime ce qu'on m'interdit [Comme tous les enfants d'ailleurs. La mère interdit à sa fille de penser à l'infirmière autrement qu'en tant que telle et la fille aime justement parce qu'on le lui interdit par esprit de contradiction]
Les plaisirs impolis [Elle sait que ses fantasmes sont interdits par les bonnes moeurs et les aime davantage]
J'aime quand elle me sourit [Un sourire lui donne l'impression d'être aimée en retour]
J'aime l'infirmière, Maman [Elle ne sait comment elle se nomme, elle sait juste qu'elle l'aime, comme une nouvelle mère, comme une amante?]
Un J'suis très sereine [Toujours cette lucidité]
Deux Et j'ai bien fait
Trois D'vous en parler [On nous prend une nouvelle fois pour témoin d'un coming out fantasmé?]
Quatre J'm'amuse [Elle ne prend finalement pas tout ceci au sérieux]
Cinq Quoiqu'maman dise [Toujours cette volonté de contrer la volonté maternelle]
Six Elle était belle [Sa mère trouvant l'infirmière quelconque alors que sa fille la magnifie]
Sept Cette infirmière
Huit Je l'aime [Elle persiste à l'aimer tout de même]
Un L'infirmière chante [L'infirmière essaye de tirer de la joie de vivre en la jeune fille en chantant pour elle. La fille semble y voir autre chose...]
Deux Ca m'fait des choses [Vive émotion de la jeune fille... Masturbation sous couvert d'innocence?]
Trois Comme l'alouette [Il semblerait que l'alouette soit le seul autre chant à faire vibrer la fillette]
Quatre J'ai peur [Peur que tout ne soit qu'illusion, peur de ne pas être aimée en retour, peur de vivre tout simplement]
Cinq C'est dur la vie [Thématique habituelle de l'univers farmerien]
Six Pour un sourire [La fille fait tout pour que l'infirmière lui sourit, elle y voit un signe d'amour partagé]
Sept J'en pleure la nuit [Le sourire n'est pas venu, la fille en souffre, doute de cet amour sublimé]
Huit Et vous?"

Clip : Pas vraiment d'histoire, seulement des images parfois animées, parfois fixes comme un roman photo (avec le texte de la chanson qui défile). Une jeune femme qui explique ses tourments amoureux, parfois avec amusement, parfois avec douleur...

# Posté le lundi 24 octobre 2005 09:10

Modifié le lundi 24 octobre 2005 09:23

Plus grandir

Plus grandir
Texte :«Petit rien, petit bout [Thème de l'insignifiance que l'on retrouvera magnifié plus tard dans A quoi je sers . Ici, rappel que l'enfant n'est pas considéré par les adultes comme un être à part entière. Complexe évident de fragilité et d'infériorité].
De rien du tout
M'a mise tout sens dessus dessous [Evocation du viol que l'on retrouve dans le clip. Dérangement physique, mais aussi moral, l'âme n'étant pas épargnée].
A pris ses jambes à son cou [Thème de la lâcheté que l'on retrouvera dans Tristana et Beyond my control. Peut-être ici est-ce la lâcheté du temps qui s'échappe toujours après ses ravages, comme dans Et si vieillir m'était conté, 14 ans après.]
Petit rien petit bout
La vie s'en fout [Encore un thème récurrent que l'on retrouve quasiment tout le long de la carrière de Mylène: l'insignifiance et l'inutilité de la vie. Vivre parce qu'il le faut, en se fichant des effets et méfaits que l'on cause].
Dans mes draps de papier tout délavés [Les draps perdent leurs couleurs à cause des larmes abondantes, mais aussi à cause des affres du temps qui dérobe les couleurs de la jeunesse... Le berceau devient caveau].
Mes baisers sont souillés [Reprise du viol consenti: des baisers que l'on donne mais qui sont détruits par l'Autre].
Plus grandir, j'veux plus grandir [Thème de l'enfance que l'on ne veut quitter pour ne pas faire partie du monde inhumain des adultes. Renvoi ainsi au Petit Prince de Saint-Exupéry ].
Plus grandir pour pas mourir, pas souffrir [Et si vieillir
m'était conté reprend tout ce thème, mais de manière plus adulte car 14 ans séparent l'écriture des deux chansons. Peur de la mort, de l'inconnu...]
Plus grandir, j'veux plus grandir
Pour les pleurs d'une petite fille [Prière de cette petite fille qui veut le rester malgré ses 24 ans...].
Jeux de mains jeux de fous [Jeu de mots ! Violence toujours, des coups sont donnés et partagés...].
C'est pas pour nous [Refus de se voir considérer aussi comme une victime du temps]
Suspendue au lit comme une poupée [Evocation du suicide ? Mourir avant que la vieillesse ne fasse ses outrages. Volonté de ne plus sortir de son lit et donc indirectement de vieillir].
Qu'on a désarticulée [Souffrance ultime... Une poupée usée qui ne ressemble plus à sa forme initiale, démembrée, subissant le temps sans bouger].
Petit rien petit bout
De rien du tout
Reviens dans mes images [Paradoxes: on appelle quelqu'un qui nous a fait du mal et que l'on craint et dont on ne peut se passer quand même].
J'me suis perdue après je n'sais plus» [Thème qui revient toujours: la perte d'identité et de sa personnalité... Après l'enfance, il ne s'est plus rien passé pour reprendre Amélie Nothomb dans Métaphysique des tubes].

Clip :Une femme se penche sur son passé. De son passage à l'état de femme suite à un viol à sa vieillesse prématurée et le temps qui passe inexorablement.
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# Posté le lundi 24 octobre 2005 09:20

Modifié le samedi 26 mai 2007 06:44

Libertine

Libertine
Texte: "Cendre de Lune [Ce vers qui donnera le nom du premier album de Mylène est aussi l'un des plus érotiques de la chanson: à la fois empli de poésie pour signifier l'insignifiance et la futilité de cette femme. Mais en même temps, d'un point de vue érotique, cela peut signifier tout autre chose: la Lune est la métaphore des fesses et les cendres seraient le duvet qui les recouvre...]
Petite bulle d'écume [Encore un brin de poésie pour resignifier la futilité de la façon d'agir de cette libertine, avec nonchalance et innocence (alors que ses actes ne le sont pas). Mais cette petite bulle d'écume, comme dans "Eaunanisme" 9 ans après, peut également représenter le sperme qui semble à la fois salir et réjouir cette libertine comme on peut le lire dans les paroles qui suivent. Mais pour le moment, avant le refrain qui signale la nature de cette femme, c'est surtout la poésie qui l'emporte]
Poussée par le vent [Sa fragilité est telle que le moindre vent la mène n'importe où: façon de signifier qu'elle profite de la vie en toute quiétude]
Je brûle et je m'enrhume [Mais en même temps cette vie de débauche la consume et la fragilise encore. Antithèse ici de la chaleur qui donne un rhume alors que c'est le froid qui le fait exister...]
Entre mes dunes [Là par contre, la poésie reprend le dessus pour signifier les seins ou les fesses de cette femme]
Reposent mes infortunes [Donc entre ses seins ou ses fesses, il subsiste des restes des ébats qui ont eu lieu...]C'est nue que j'apprends la vertu [Paradoxe à nouveau, puisque la vertu est justement opposée à la nudité et surtout au sexe. Pour elle, le sexe est un moyen de se purifier et non un avilissement]
Je je suis libertine [Au 18ème siècle, les libertins étaient des penseurs ouverts à tout état d'esprit. Ici c'est plutôt une femme ouverte à tout ébat physique]
Je suis une catin [Les catins étaient les prostituées de ce même siècle: amalgame donc entre les façons de pensée libres et les façons d'agir tout aussi libres]
Je je suis si fragile [Mais malgré ses conditions de libertine qui le revendique haut et fort, elle n'en reste pas moins une femme en manque d'amour]
Qu'on me tienne la main [Elle demande un soutien, une preuve d'amour qui lui permettrait ainsi de changer de vie]
Fendre la Lune [Là par contre, les paroles s'intensifient en métaphores particulièrement érotiques, comme Gainsbourg le faisait alors: ici c'est tout simplement une formule pour enjoliver la sodomie, comme dans la chanson "Pourvu qu'elles soient douces" qui sera la suite de "Libertine"]
Baisers d'épine et de plume [Tout d'abord, jeux de mots avec "d'épine" et "des pines" pour montrer le côté sexuel de ses baisers... Mais aussi paradoxe entre la dureté et la violence des épines et la douceur de la plume: cette libertine serait un petit peu sado-maso, mais surtout elle aime autant la violence que la douceur comme on le voit dans le clip]
Bercée par un petit vent
Je déambule [Preuve qu'à la fois elle sait ce qu'elle fait et qu'elle est en même temps un peu perdue]
La vie est triste [Thème qui sera récurrent dans l'oeuvre farmerienne. On voit cette même mélancolie également dans le clip]
Comme un verre de grenadine [La vie est banale au plus haut point, c'est pourquoi elle utilise la liberté sexuelle afin de la rendre plus palpitante]
Aimer c'est pleurer quand on s'incline [Pour elle l'amour semble moins fort que le sexe puisqu'il est relatif à la tristesse: il n'engendre que soumission ("s'incline") et larmes. Mais en même temps, elle semble le rechercher]
Quand sur ton corps je m'endors [Les paroles vont devenir de moins en moins chastes, elle décrit la fin de l'orgasme]
Je m'évapore [Le bien-être post-orgasmique l'atteint et elle se met à rêver à l'amour]
Bébé tu dors et moi j'attends l'aurore [Pendant qu'il se repose, elle le regarde dormir, preuve d'amour. Cependant, elle attend le jour pour pouvoir repartir vers d'autres bras, d'autres horizons]
Quand de mes lèvres tu t'enlèves [Double sens: à la fois quand il finit de l'embrasser, donc les lèvres de la bouche; mais aussi quand il finit de la pénétrer, donc les lèvres du sexe de la femme... Chaud devant!!]
Un goût amer [Triple sens: le goût de la salive, du sperme ou des larmes avec ce départ qui laisse la femme dans la mélancolie et la solitude]
Me rappelle que je suis au ciel [Ici non pas le paradis, mais plutôt le 7ème ciel, celui de l'orgasme]
Cendre de Lune
Petite bulle d'écume [Rappel de sa fragilité extrème]
Perdue dans le vent je brûle et je m'enrhume [Sa vie est de plus en plus libertine: elle se perd dans ses déambulations et ses innombrables histoires d'amourettes qui l'animent]
Mon corps a peur [Elle craint de ne jamais aimer ou de ne jamais être aimée. Peur aussi de ne plus tenir cette cadence infernale]
La peau mouillée j'ai plus d'âme [La peau mouillée par encore une fois le sperme ou la transpiration, mais aussi par les larmes de se sentir perdue, de devenir uniquement une machine dédiée au sexe, sans aucun sentiment ou attachement pour qui ou quoi ce soit]
Papa ils ont violé mon coeur" [De nouveau appel à son père protecteur, comme dans "Optimistique-moi" 13 ans après. Les hommes ont abusé de son corps et délaissé son coeur: elle n'a jamais été aimée et le déplore amèrement]

Clip :Une femme, Libertine, habillée en homme (le Chevalier D'Eon?) tue dans un duel un homme dont la maîtresse cherchera à se venger. Libertine rencontrera l'amour, mais pourchassée par sa rivale, elle périra, ainsi que son amant, sous le feu de cette dernière...

# Posté le lundi 24 octobre 2005 09:31

Modifié le samedi 26 mai 2007 06:45

Sans contrefaçon

Sans contrefaçon
Texte : «Puisqu'il faut choisir [Le puisqu'il faut semble être une obligation qu'on nous impose: il faut absolument faire un choix, dicté soit par les parents, soit par la société].
A mots doux je peux le dire [Les mots doux ne sont pas forcément amoureux ici. Ils peuvent être ceux de la confidence, susurrés par l'adolescente qui n'ose pas encore clamé haut ce qu'elle veut affirmer].
Sans contrefaçon [Une contrefaçon est un faux. Ici, elle précise que ce qu'elle va annoncer est donc la vérité vraie, il n'y a pas de tromperie, de mensonge].
Je suis un garçon [Un des textes les plus autobiographiques de Mylène. Selon elle, quand elle était jeune adolescente, on la prenait pour un garçon. Ici, elle semble plus mûre, mais elle continue de se prendre pour un garçon et de s'affirmer comme telle, niant sa condition de future femme. C'est aussi une provocation pour qu'on s'intéresse à elle, pour qu'elle paraisse différente des autres. A noter que le groupe Indochine parlait déjà des garçons sans contrefaçon dans leur titre Troisième sexe].
Et pour un empire [Une expression équivalente à Pour tout l'or du monde. Même si on lui promet la Lune, toutes les richesses, elle ne changera jamais d'avis. Entêtement de l'adolescence].
Je ne veux me dévêtir [A tous ceux qui aimeraient lui prouver que biologiquement, elle est née fille, elle continue de nier, de refuser cette preuve physique. Elle se sent garçon et ça lui suffit, nous devons la croire sur parole].
Puisque sans contrefaçon
Je suis un garçon.
Tout seul dans mon placard [Mylène continue son identité masculine en se qualifiant en tant qu'homme avec ce Tout seul qui annonce la couleur dès le premier couplet. L'expression Dans mon placard provient de l'anglais In the closet qui qualifie surtout les personnes rejetées, homosexuelles de surcroît: les personnes qu'on ose approcher, qu'on laisse de côté, qu'on met dans un ghetto. Ici Mylène se sent ainsi seule et délaissée par son entourage proche et lointain].
Les yeux cernés de noir [Ce vers peut qualifier à la fois la fatigue extrême de devoir lutter contre ceux qui rejettent, mais aussi le rimel qui coule après avoir pleurer et qui laisse des traces de maquillage noir sous les yeux. Une femme qui se sent homme, mais qui se maquille. On peut y voir du coup la représentation inverse: les hommes qui se sentent femmes et qui se maquillent, mais qui ne supportent pas leur image ou qui sont délaissés par la société].
A l'abri des regards [Obligée d'être mise dans un ghetto, elle se sent finalement protégée dans ce petit cocon qu'elle s'est concoctée, loin des autres qui ne comprennent pas. Ce qui renforce la solitude, un cercle vicieux en somme: on n'ose pas sortir de peur d'être rejeté, on reste replié sur soi-même et on prend goût à cet isolement, ce qui fait qu'on ne pourra jamais se montrer et essayer d'être accepté par les autres].
Je défie le hasard [Du coup elle vit dans son propre monde et se crée son univers où elle imagine qu'elle se fiche de l'opinion des autres, mais cela reste purement virtuel].
Dans ce monde qui n'a ni queue ni tête [Elle sait pourtant qu'elle vit dans un monde qui n'a aucune logique, où personne n'est vraiment à sa place et sait qui il est exactement].
Je n'en fais qu'à ma tête [Elle garde l'entêtement de l'enfance et de l'adolescence et décide de vivre comme elle l'entend. Pourtant elle est ici en contradiction: elle veut vivre comme le souhaite, certes, mais elle le fait dans son isolement, plutôt que de le faire dans la vie de tous les jours devant tout le monde].
Un mouchoir au creux du pantalon [Autre anecdote de l'enfance de Mylène: petite, pour faire croire qu'elle est un garçon et a un pénis, elle mettait un mouchoir au fond de ses poches de pantalon].
Je suis Chevalier d'Eon [Le Chevalier d'Eon était un espion de Louis XV qui avait comme particularité de se déguiser en femme pour avoir les renseignements désirés. Ici, Mylène fait le contraire: c'est une fille qui s'habille en garçon].
Tour à tour on me chasse de vos fréquentations [Les rares moments où elle sort de son isolement, c'est encore le rejet qu'elle rencontre, de ses proches ou des inconnus. Le Tour à tour peut dire que chaque personne la rejette chacune à son tour, soit pour témoigner du temps qui passe et que rien ne change pourtant].
Je n'admets qu'on menace mes résolutions [Ici, point de résolutions au sens de décision qu'on décide de prendre sans y réfléchir comme chaque nouvelle année. Ici, elle semble avoir pris assez de recul, elle affirme enfin haut et fort ce qu'elle disait avant à mots doux. Elle décide de rejeter à son tour ceux qui ne l'acceptent pas comme elle est. Elle décide enfin d'être elle-même, de vivre sa sexualité comme elle l'entend, quitte à être en contradiction avec tout le monde].
Je me fous bien des qu'en dira-t-on [On voit qu'elle grandit au fur à mesure du texte de la chanson. Au premier couplet, elle se cache et n'ose se montrer telle qu'elle se sent vraiment. Ici, elle sort, elle décide de toiser ceux qui la regardent mal et décide même de ne pas prendre garde à toutes les mauvaises réflexions qu'on pourra lui dire].
Je suis caméléon [Elle sait s'adapter et décide ainsi de montrer son identité de femme pour ne pas blesser les autres (et recevoir des remarques blessantes de ses proches) et de se montrer sous son identité masculine qui lui ressemble vraiment quand elle le souhaite].
Prenez garde à mes soldats de plomb [Garçon manqué, elle jouait à des jeux de garçon comme les petits soldats qui font ici la guerre contre les mauvaises pensées, contre le rejet dont elle est infligée].
C'est eux qui vous tueront [Réutilisation de formulations enfantines (c'est eux au lieu de ce sont eux) afin de mieux faire passer le message. Présenter ses problèmes existentiels sur sa propre identité sous couvert d'innocence, tout en sachant intérieurement ce qu'il en est vraiment. On sent la haine qui monte de ce rejet, qu'elle sera peut-être un jour capable de tuer vraiment pour être totalement acceptée...]

Clip : Un marionnettiste amoureux de son oeuvre est rejeté des cabarets où il se produit. Recueilli par un cirque minable qui lui offre nourriture et repos, la maîtresse de ce cirque ravit la marionette et lui donne vie. Elle devient une jolie jeune femme dont le marionnettiste tombe amoureux davantage. Hélas, à la disparition de la femme du cirque, la marionnette redevient en bois...
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# Posté le lundi 24 octobre 2005 09:54

Modifié le mardi 25 octobre 2005 10:51

Allan

Texte :"Pauvres poupées
Qui vont qui viennent
Allan [Référence donc, comme tout au long de la chanson à l'oeuvre de Poe: "Les Histoires extraordinaires" et "Les Nouvelles histoires extraordinaires" traduites par Baudelaire. Ici ces poupées sont issues d'une de ces histoires. Elles peuvent aussi faire référence à tous les personnages qui ont subi la plume de Poe, ainsi qu'à tous les lecteurs qui se sont baignés de son oeuvre terrible et effrayante. Dont Mylène. Elle rajoute "Allan" à la fin de chaque strophe comme pour l'implorer, l'accuser et l'interpeller, tout à la fois]
Pauvre fantôme étrange
Et blême
Allan [Là, ce fantôme semble être Edgar Poe lui-même qu'elle appelle par son deuxième prénom. Histoire de l'appeler tout en restant évasive. Mais ce fantôme étrange peut aussi être celui de Mylène elle-même.]
J'entends ton chant monotone [Référence à l'oeuvre de Poe tout en restant aussi un élément de la biographie plutôt tragique de l'auteur]
La nuit frissonne [Car les oeuvres de Poe sont plus efficaces et propices à la terreur lorsqu'on les lit durant la nuit...]
Allan
J'entends ton coeur fatigué
D'avoir aimé [En effet, Edgar Poe a vécu de nombreuses histoires d'amour dramatique, ce qui s'en ressent sur son oeuvre tourmentée]
Allan
D'étranges rêveries comptent mes nuits [Là ce sont les cauchemars qui envahissent la lectrice trop imprégnée des histoires de son auteur préféré]
D'un long voyage où rien ne vit [Toutes les histoires de Poe sont empreintes de mort et de souffrance. Ici, le mot voyage peut aussi renvoyer à Baudelaire pour ses poêmes qui parlent également de ce voyage de la vie au trépas].D'étranges visions couvrent mon front [La lectrice est entre le sommeil et l'éveil, l'onirisme et la réalité, elle ne sait plus ce qu'elle voit tant l'oeuvre de Poe la trouble et la passionne]
Tout semble revêtu d'une ombre [Cette ombre peut être celle de la mort qui l'envahit petit à petit. Mais aussi celle tout simplement du sommeil, mais peuplé de cauchemars]
L'étrange goût de mort s'offre mon corps [La nuit donc impression de mourir, mais surtout d'y prendre goût. La ligne suivante laisse sous-entendre que cela se produit chaque nuit, surtout d'ailleurs après avoir lu certaines histoires...]
Saoûle mon âme jusqu'à l'aurore [Au réveil, tout redevient normal. Tout est dans l'esprit, durant ce sommeil tourmenté]
L'étrange Ligéia renaît en moi [Ligéia est l'héroïne d'une des nouvelles de Poe, qui s'intitule d'ailleurs, attention, originalité, "Ligéia", femme morte revenant à la vie]
De tout mon être je viens vers toi [Revenue à la vie, elle semble se jeter dans les bras de son auteur. D'ailleurs celui-ci avait créé Ligéia en l'honneur d'une femme aimée]
Masque blafard
Tu meurs ce soir
Allan [La pâleur extrème évoque donc le côté post-agonisant de cet auteur qui mourut assez douloureusement, après avoir tâtonné de l'alcoolisme et une tentative de suicide]
Masque empourpré
D'un sang séché
Allan [Là encore, masque de chacun de ses personnages qui meurent tous ou presque. Le sang séché peut assi faire référence au fait que Poe est décédé depuis longtemps...]
D'où vient ta peur du néant [Le thème de la mort est en effet récurrente dans toute l'oeuvre de l'auteur]
Tes pleurs d'enfant [De même que celui de l'enfance de cet auteur, peu heureuse au demeurant, d'où cet aspect d'innocence qui subsiste dans son écriture. C'est aussi un thème récurrent du duo Farmer-Boutonnat et que l'on retrouve à son paroxysme dans "Giorgino" qui paraît comme une adaptation cinématographique d'une histoire de Poe]
Allan
Et qui sont les larmes [Elle demande à son auteur pour qui il est si désespéré, pour quelle femme, quel amour perdu]
De tes tourments [De l'enfance à sa mort, "tourment" semble être le mot approprié d'Edgar Poe. Mylène semble particulièrement s'y reconnaître et s'y complaire.]
Allan"

Clip : La fin d'un cycle avec Mylène complice de la mise à feu du décor de la tournée qu'elle vient d'effectuer. Le tout, sous le regard d'Edgar Allan Poe et d'un cheval en furie.

# Posté le lundi 24 octobre 2005 09:58

Modifié le mardi 25 octobre 2005 10:53